Cette rencontre, malgrès les saisons qui s'enchainèrent au gré du temps, resta gravé dans ma mémoire et dans mon coeur; cet étranger disparut pourtant de ma vie pendant trop longtemps... Je ne saurais dire combien de jours c'est-il passé avant que je le rencontre à nouveau; étais-ce un mois ? Une saison ? Nul doûte que c'est l'attente de le revoir qui m'a fait perdre la notion du temps. Je ne cessais de m'égarer dans le souvenir de son visage fier... Mais revenons à cette soirée fatal.
J'étais rentrée le plus vite possible afin de reveler à mon père la presence des soldats appartenant au Kapoor. Dans le couloir faiblement éclairé par la lumière vacillante des torches accorchées au mur, je rencontrais ma soeur Priyanka :
-Kajol ! Mon dieu, que fais-tu ainsi vêtu ? Que tu es sale ! T'es-tu allongé par terre ?
Avant que je puisse lui repondre, elle avait déjà enchaîné :
-Ton comportement durant le repas à été une véritable honte, le sais-tu ? Tout cela est tout bonnement inadmissible; Si tu ne veux pas que père soit desonoré par toi, cesses, je t'en pris! La patience est ce dont tu manques considera...
-Priyanka, la coupais-je, n'ayant pas envie de me faire reprimander plus, j'ai rencontré des soldats Kapoor dans les bois ! Il faut avertir Pa !!
-Père, repondit-elle en insistant sur le mot, en sera immediatement informé. Mais... comment le sais-tu ? Me demanda-t-elle avant une moue suspicieuse sur le visage.
-Je... j'étais avec Johar et j'ai entendus du bruit. Donc... je me suis aussitôt caché et je les ai vu. Dès leurs départs je me suis empressée de venir vous prévenir...
Cette version differt quelque peu de la réelle, bien sûr. Mais lui avouer la présence de cet homme lui aurait déplut, et je ne voulais subir de nouvelles et injustes remontrances. D'après les sourcils froncés qui surmontaient ses éclatants yeux marrons, je compris que j'avais vraiment bien fait.
-J'éviterais de narrer cette version à Père, me repondit-elle d'un air hautain.
Humiliée par son air superieur, et m'apercevant des dangers que j'avais courus, j'hochais la tête sans répondre. Je n'aurais assurement plus l'autorisation de Pa si elle lui revellait; le fait qu'elle m'assure de garder le secret me touchait, et mon visage le refleta clairement.
-Va te reposer, Kajol, me dit-elle radoucit, tout n'est pas de ta faute. Mais songe à ce qui aurait pu arriver si tu n'avais pu te cacher : ils auraient pu t'enlever, et la guerre se declancherait entre les clans...
Je partis, en reflechissant à ce qu'elle venait de me dire. La phrase se modifia dans la tête : Mais songe à ce qui aurait pu arriver si tu n'avais pas pu rencontrer cette homme qui t'avait protègé : ils auraient pu t'enlever, et la guerre se declancherait entre les clans...
Je m'aperçus combien j'étais redevable à cette homme... et que mon remerciment avait été bien piètre à son égard.
Assise dans la chaleur de ma chambre, j'observais en silence, avec un vague sourire sur les lèvres, les flammes dorées qui dansaient dans ma cheminée. Mon regard rêveur étonna Preity, qui se s'agenouilla à mes côtés.
-Ma Dame ? Quelque chose ne va pas ?
Je sursautais, revenant à la réalité. Je le regardais, à mon tour étonnée :
-Pourquoi ne m'appelles-tu pas Kajol ? Si... Si au contraire, tout va bien, lui repondis-je avec un sourire.
Une silhouette dissimulée dans l'ombre s'avança lentement, et je reconnus Madhuri. Elle prit la parole :
-Sans doûte est-ce ma présence qui la rend respectueuse. Preity, garde ça pour Priyou,mais pas lorsque nous sommes entre nous. dit-elle en m'adressant un clin d'oeil.
-Madhu ? M'exclamais-je, interdite.
-Euh... bah oui. Debout, Kajol, il est vraiment tard, et ce serait manquer de respect au Jay'Khan de ne pas être presente au dîner !
Je me levais precipitatement, songeant que ce mysterieux inconnu serait peut être présent. J'allais sortir de la pièce, si Preity ne m'avait pas retenu :
-Tu devrais te changer, parce que là... c'est pas que...
-Si, insisita Madhuri, c'est que tu es en tenu d'equitation... La boue te rend magnifique, mais bon, n'abusons peut être pas trop...
Les joues en feu, je me lavais, avant d'enfiler un sari en soie...
Ce dîner avait été une nouvelle fois interminable : J'avais beau scruter chaques visages des gens present dans la salle, mais rien à faire : aucun n'avait les traits de mon ange gardien. C'était à grand peine que je me retenais de me lever et de faire le tour de la table, mais je dus reconnaître qu'il n'était pas présent. Durant une majeur du repas, les pires supposisitions me venaient à l'esprit : Se pouvait-il qu'il soit du clan des Kapoor ? Faisait-il partit de nos ennemis héréditaires, des gens dont avions été en guerre pendant si longtemps ?
Ces questions occupèrent mon esprit, et ne pus m'en detacher ne serait-ce que quelques instants... Elles me faisaient souffrir, mais toutes sortes de reponses étaient possibles, bien qu' aucune ne me parraissait vraiment valable...
Cher inconnu...Comme je me languis déjà de toi ! Quelques secondes en ta présence m'avait fait perdre tant ! Il me semblait que j'y avais laissé mon coeur... Je ne pouvais en être sûr, mais dans le cas contraire, pourquoi pensais-je autant à lui, que je connaissais à peine ? Si seulement je connaissais son nom... Quand te reverais-je ?
Je ne savais même pas si, lors d'une rencontre future il se souviendrait de moi; de plus que j'étais voilé, il n'avait pas entendut assez longtemps le timbre de voix pour me reconnaître. Que se passerait-il lorsqu'il me serait donner de le revoir ?!